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jeudi 2 août 2012

Quelle journée à Kingston ...

La journée a vraiment été trop riche pour en faire un seul article alors ce soir je vais faire très court ; il est déjà tard et je suis assez fatigué. Si j'en ai le temps ultérieurement, je détaillerai le tout.
En compagnie de John, le frère de Susan, voilà quel a été notre programme :
  • Studios Tuff Gong (les studios d'enregistrement de Bob Marley, toujours en production)
  • La maison de Bob Marley au cœur du ghetto de Trenchtown (après avoir vécu à Nine Miles)
  • Une halte au cœur du ghetto ; John fait réparer deux pneus, nous descendons de voiture ; je vais taper la discut' avec des jeunes du quartier ...
  • Bob Marley Museum
Une fois de plus, John a été notre guide, patient, d'une gentillesse inouïe, nous donnant toutes les explications nécessaires pour mieux comprendre, vivre la Jamaïque. Ici, c'est une autre vie, alors cette aide de John qui t'emmène dans les quartiers de la capitale jusqu'aux portes du ghetto ... oui, c'était une belle et riche journée. Encore sur un petit nuage !!!

Les studios d'enregistrement Tuff Gong

10h00 : nous partons de Rafjam et attaquons la descente vers Kingston. C'est là que nous allons passer la journée. Nous traversons Papine (banlieue de Kingston) et Valérie, Rémi et Juliette découvrent cet endroit que j'avais fréquenté avec Theo le jour de notre arrivée pour retirer de l'argent. Je leur explique ce que j'y avais fait, ce que j'y avais vu.
John nous emmène directement aux studios d'enregistrement de Tuff Gong. La grille et fermée et après quelques mots de John, nous entrons dans les lieux.
"Ride Natty Ride"
Après une courte attente, un guide arrive et nous fait visiter le site. Une fois encore, nous allons vivre un grand moment et je n'en espérais pas tant. A l'extérieur, nous découvrons le premier camion du groupe "Bob Marley and the Wailers" qui leur permettait de transporter le matériel. Bob Marley l'avait baptisé "Ride Natty Ride".
L'ingénierie du son
Puis nous rejoignons les locaux et visitons quelques couloirs avec photos, récompenses ... Nous avons le temps d'observer les objets. Ici on peut prendre son temps, poser des questions. Nous ne sommes pas noyés dans un groupe ; la visite est pour nous 4 seulement. Puis nous allons tour à tour découvrir le studio d'enregistrement complet, la salle technique, la salle musiciens (a priori la plus grande des Caraïbes), la salle vocale, nous asseoir derrière les tables de mixage. Dans la salle des musiciens, nous pouvons toucher le premier clavier de Bob Marley, son piano, la batterie de Ziggy ...
La batterie de Ziggy ... la classe, non ?
tout cela dans ce lieu mythique où sont passés des artistes mondialement connus et où passent encore de grands noms. Le studio est toujours utilisé bien sûr et n'y vient pas n'importe qui ! Des groupes viennent ici pour enregistrer et repartent souvent avec leurs bandes. Pour d'autres, c'est enregistrement et création des CD et / ou vinyles sur place.
La visite va se poursuivre. Notre guide va nous montrer la suite de la chaîne jusqu'aux ateliers où l'on va découvrir les anciennes et actuelles machines permettant de presser le vinyle.
Enfin, nous prendrons le chemin de la sortie non sans passer par un local dans lequel sont stockés des milliers de vinyles et où il est bien sûr possible d'acheter.
Mais plutôt que de raconter n’importe quoi, allez tout découvrir sur le site officiel Tuff Gong International : c’est la que nous avons posé nos pieds et … nos fesses !
Nous en resterons là avant de remonter à bord de la voiture de John. La journée ne fait que commencer ...

La maison de Bob Marley à Trenchtowm

L'angle de la Second Street
John nous conduit dans Trenchtown où nous allons visiter la seconde demeure de Bob Marley. En effet, Bob Marley est né à Nine Miles où se trouve son tombeau. A l’âge de 13 ans qu’il va quitter les montagnes pour rejoindre Kingston avec sa mère. Là, il vont s’installer dans le ghetto au "19, Second Street" (il fait souvent référence au quartier dans ses chansons) ; c’est là que Bob va se forger une expérience forte aux côtés de Peter Tosh et Bunny Wailer et c’est Trenchtown qui va lui donner l’inspiration de ses textes ; là se formera le premier groupe "The Wailers" ; comme il le dit lui-même, pour survivre ici, tu dois être fort. Quand tu es de Trenchtown, la police ne doit pas t’attraper sinon tu vas en prison.
Nous arrivons donc devant un groupe de maisons. Tranquillement John gare la voiture ; nous descendons et je commence à vouloir fermer portières et fenêtres. John me dit : « No man, no problem » ; en effet, quelques personnes se trouvent sur le trottoir, d’autres dans la cour et à ce titre, si tu laisses ta voiture devant, ils en seront les gardiens. Ils ne mettront pas le nez dedans et ne laisseront personne y toucher. Ce serait même probablement un affront que de la fermer sous leurs yeux.
Nous commençons par saluer les gens « Bless » (oui nous sommes l’après-midi ; c’est de coutume ici). Puis nous entrons dans la cour et continuons à saluer avec un grand sourire. Tu fais la gueule, on te fait la gueule ; tu souris, on te sourit ! Tout de suite, je remarque que l’endroit est propre, vraiment bien entretenu. Quelques mots échangés pour savoir d’où on vient, depuis combien de temps on est en Jamaïque. Puis on nous accompagne dans une partie du bâtiment auprès d’un rasta qui va nous faire signer un registre et nous demander de payer. Puis notre guide arrive. Un petit bonhomme rasta qui est surnommé « Dada ». Nous lui faisons comprendre que nous sommes français et qu’il faudrait qu’il ne parle pas trop vite. La visite commence.
Le bus et "Dada"
Au début, on ne comprend pas trop. Dada nous fait visiter des pièces les unes après les autres. Elles sont pleines d'illustrations, de coupures de journaux ... et puis tout s'éclaircit. En fait, il s'agit d'un ensemble de petites pièces à touche-touche qui encerclent une cour intérieure. A l'époque, l'état louait ces pièces. Dans cette cour on trouve notamment, complètement délabré, le vieux minibus Volkswagen de Bob. Dans une autre pièce on peut voir également une guitare sèche de la légende. Le site est classé monument historique et se visite depuis une dizaine d'années environ. C'est dans ce lieu mythique que Bob Marley a beaucoup écrit les premières années.
Le bâtiment "moyens communs"
Au fond de la cour on trouve un petit bâtiment "moyens communs" : des WC, des "salles de bains" et une petite cuisine avec un lit. C'est notamment sur ce lit que Bob et Rita ont conçu Ziggy. Souvent, la cuisine était faite à même le sol ; on y préparait le célèbre porridge.
Nous finissons le tour de la petite propriété après avoir posé un tas de questions. Après avoir salué nos hôtes, nous retrouvons John, regagnons la voiture et repartons.

Une halte au coeur du ghetto

Dans Trenchtown
Nous quittons donc Second Street pour rejoindre le Musée Bob Marley mais John souhaite faire un détour par "Devon House" pour déguster "les meilleures glaces au monde" nous dit-il. Mais auparavant, il nous dit qu'il doit faire réparer deux roues de voiture. Sur le chemin, il s'arrête dans le ghetto et descend de voiture. Il ouvre son coffre et jette ses deux roues au sol. Devant nous un vieux monsieur et un groupe de 7 à 8 jeunes qui sont assis sur les tas de pneus. Ils nous regardent et ont bien remarqué que nous ne sommes pas des locaux. La chaleur dans la voiture est intenable ; le mieux est de descendre et de toute façon on a certainement mieux à faire qu'à attendre et cuire ici. Nous descendons et saluons tout le monde. Valérie, Rémi et Juliette rejoignent John à l'arrière de la voiture. Moi, je scrute les lieux et n'ai qu'une idée en tête : rejoindre le groupe en face et aller parler avec eux. Je ne fais même pas attention à ce que John fait. Un gars la rejoint, a pris ses deux pneus et a disparu derrière les tôles. Peu importe.
La, assis sur les pneus ...
Je me roule une cigarette parce que je sais que cela va les interpeler ; forcément, ils ont mordu à l’hameçon. Ils rient, se fichent de moi. Alors je m'avance vers eux et avec un grand sourire ; je leur dis que ce n'est pas de l'herbe, que c'est du tabac français. Je leur montre. Forcément, ils veulent goûter ; je tends mon paquet. Je m’assoies à côté d'eux ; la discussion commence ; je suis français, je suis en Jamaïque pour telles et telles raisons ... bref le bla bla sur mes véritables raisons. Nous allons parler musique, évoquer quelques paroles de chansons célèbres, parler du ghetto, de la sécurité, de l'insécurité, du football (ils citent encore Thierry Henry, je parle de Zidane) ... bref, on se découvre, ils me parlent patois et je leur dis que pour se comprendre, il vaut mieux qu'ils parlent un anglais traditionnel. Alors forcément, ils se mettent à parler patois entre eux. Certains se sont rapprochés pour participer à la conversation parce que cela doit être assez "rare" qu'un touriste français vienne taper la discut' avec eux en plein Trenchtown. Très rapidement, leurs visages se sont ouverts, leurs dents blanches sont apparues et les échanges ont une fois de plus été très ouverts et très riches. Ce qui m'a fait drôle, c'est de voir une voiture de police s'arrêter devant nous. Un blanc ici ? Curieux non ! Eux savent pourquoi. J'ai une cigarette à la main. Eux ont un spliff. Sans aucune inquiétude, je relève les yeux et regarde la voiture de police qui vient de reculer doucement. Et puis, aucun échange avec les policiers ; la voiture repart. Nous nous sommes compris et parlons du sujet. Si j'avais esquissé le moindre geste en voulant jeter ce que j'avais à la main, la police serait venue. Ici un touriste qui fume de l'herbe en pleine rue, c'est directement au poste ... Derrière moi je commence à entendre ma petite famille m'appeler. Il va falloir déjà quitter le groupe dont je viens tout juste de faire connaissance. Je suis déçu. Je les salue. Plusieurs se lèvent et me serrent la main en signe de reconnaissance. Je suis flatté et j'avoue que je les quitte le cœur serré.
Je rejoins la voiture mais avant de monter, le mets la main à la poche et leur demande si je peux prendre une photo du groupe ; ils sont ok. J'ai droit à un grand sourire et des signes de reconnaissance une fois de plus. Je les remercie mille fois et monte en voiture. John me regarde ; il est mort de rire. Les miens aussi et ils savent combien je suis ému d'avoir vécu cette expérience ...
Ce peuple jamaïcain est formidable !
Nous quittons Trenchtown, je prends quelques photos depuis la voiture.
Devon House
Devon House : cet endroit n'a plus rien à voir avec Trenchtown. Il s'agit d'un grand parc renfermé et protégé qui abrite quelques commerces, des boutiques souvenirs, de magnifiques arbres ; le site s'est construit autour d'une magnifique maison blanche (désormais classée) construite en 1881 par un millionnaire jamaïcain. Nous allons nous rendre chez le glacier pour déguster ces fameuses spécialités. Je ne sais pas si les glaces sont les meilleurs du monde mais ce qui est sûr, c'est qu'on s'en lèche encore les babines. Pour ma part, j'ai forcément choisi la "Jamaica 50" en l'honneur du 50ème anniversaire de l'indépendance de la Jamaïque. Elle est vert (pistache), jaune (ananas) et noir (des grains de café sucrés). Celle-là, c'est la meilleure du monde !!!

Bob Marley Museum



La maison, la cour. Tout est refait à neuf
Après toutes ces émotions, notre dernière étape de la journée se tient au musée Bob Marley au célèbre 56, Hope Road à Kingston. C'est ici que Bob Marley avait acheté une superbe maison en 1975 et où il a vécu jusqu'à sa mort en 1981. Six ans plus tard, Rita Marley en fait un musée. C'est aujourd'hui probablement le site le plus visité de Jamaïque. Qui dit site très visité dit business ... cela en dit long !!! Rita en a fait une usine à fric.
Certes en mettant les pieds en Jamaïque, nous nous devions de fouler les pas de Bob en venant dans sa maison mais autant le Mausolée (très visité également) nous a énormément bouleversé, autant cette visite nous a franchement laissé sur notre faim et cet article ne devrait pas être très long !
Des peintures retraçant l'histoire ...
Nous nous garons dans la cour ; que des belles voitures. Chacun des bâtiments est fraîchement peint en vert, jaune, rouge. Tout est flambant neuf. Je reconnais bien la maison, la cour mais tout a été refait. Vraiment c'est la patte de Rita et de la fondation qu'elle a mise sur pied. Nous payons, puis sommes invités à aller au "Legend café" pour attendre notre guide. Il fait très chaud alors c'est une "invitation" à aller dépenser quelques dollars ... Par principe nous ne laisserons pas un dollar de plus. 15 minutes plus tard, notre guide arrive et regroupe tous ceux qui ont un billet. C'est parti pour une heure de visite. Et le moulin à paroles bien rodé se met en marche. L'anglais est rapide et chaque mot prononcé est récité. Une petite plaisanterie de temps à autres histoire de ne pas rendre la visite trop barbante mais ici pas d'émotion. Des photos : non, juste en dehors de la maison. Nous allons découvrir tout le site mais en TGV. Pas le temps de poser une question, il faut avancer. D'autres groupes sont derrière et nous pressent. D'une pièce à une autre, nous découvrons des disques d'or ... des articles de presse, des récompenses, des vêtements de Bob (?), des chanteuses (The I-Threes), la cuisine, la pièce dans laquelle Bob, son manager, Rita ... s'étaient fait tirer dessus ... puis à l'extérieur, un petit jardin avec les plantes naturelles que Bob préférait (je ne parle pas de la ganja) ... Quelques anecdotes ça et là mais rien de bien intéressant, d'émouvant. Puis pour finir, on va nous enfermer pendant 20 mn environ dans une salle où on va nous projeter un début de DVD bien connu sur la vie de Bob mais il va s'interrompre brutalement et nous sommes invités à sortir. La visite va bien durer une heure et puis ... cela ne peut s'arrêter ainsi. Inévitablement, passage par la boutique souvenirs. Pour acheter quoi ! Tout ce qui est vendu là se trouve sur le net à bien moins cher. Le but ici, une fois encore est de faire rentrer de l'argent dans la fondation et enrichir un peu plus Rita et le clan. Pas question. Nous restons quelques instants et sortons.
Pour se souvenir du passage !
La déception est énorme !!! Ok nous y sommes allés mais le jeu n'en vaut pas la chandelle.
Personnellement, ce n'est absolument pas ce que je suis venu chercher en Jamaïque.
Finalement nous allons prendre quelques clichés à l'extérieur puis rejoindre John et quitter les lieux.
Nous allons reprendre la route, faire quelques courses dans un très beau supermarché et rentrer.
Allez, restons positifs. Hormis cette dernière visite, nous avons vécu malgré tout une belle journée et cela n'enlève rien à tout ce que nous avons vécu jusqu'alors.
Sur la route nous allons en profiter pour jeter un œil une dernière fois à Kingston, à Papine, sur tous ces jamaïcains  qui nous ont accueillis les bras ouverts car malheureusement, le séjour touche à sa fin.

mercredi 1 août 2012

Le Blue Mountain Peak ... ascension ...

Comme cela était prévu, nous avons dormi 2 heures hier soir après le repas pour essayer de palier le manque de sommeil de la nuit à venir. En effet, une nuit blanche nous attend !
Nous nous réveillons donc à 22h30 puis rejoignons Lindon, notre ranger et guide et Branton, le conducteur du pickup 4x4. Nous partons avec un peu de retard. 23h30 : nous montons à bord, Valérie, Rémi et Juliette sur la banquette arrière, serrés comme des sardines et Branton et moi devant. Lindon et Devaldo (un des fils de Susan qui va faire l'ascension avec nous) s'installent dans le plateau arrière du pickup ainsi que Theo qui part faire la fête avec des copains. C'est parti ! En route et sans s'arrêter, Theo saute du 4x4 et nous continuons notre chemin. Nous dévalons la route principale et après 25 minutes de descente, nous tournons sur la gauche au lieu de continuer sur Kingston. Là c'est une longue ascension en voiture qui nous attend. Nous faisons un long trajet sur la route pour rejoindre le point de départ de la rando. Mais sur la fin du parcours, ce sont des chemins défoncés (des enduristes y prendraient leur pied) qui vont nous mener à la destination finale. Le 4x4 entre alors en fonction. Il fait noir, les chemins sont étroits. L'expérience du chauffeur est là et puis subitement, le 4x4 cale en pleine montée ! Pinaise on flippe parce que nous sommes en pleine montée. Pas un bruit à bord. Le chauffeur tourne la clé une fois, une deuxième fois, le moteur ne veut pas démarrer. Alors plus qu'une solution : laisser glisser le 4x4 en marche arrière pour qu'il redémarre. Derrière il y a le chemin c'est sûr mais d'un côté c'est le précipice !!! Comment va-t-on finir ? Finalement, le moteur repart. Ouf, encore un truc de dingue. Mais ce n'est pas fini ; 1/4 d'heure plus tard rebelote mais cette fois la pente n'est pas suffisante ; nous sommes dans une cuvette. Nous descendons tous pour alléger l'engin et Lindon, Dev et moi poussons le "taxi" pour le remonter un peu sur le chemin. Un premier essai en marche avant infructueux. Celui en marche arrière sera le bon. Quelques minutes après, nous descendons mais pour de bon. On va pouvoir attaquer l'ascension, à pieds.
Ouf, on y est !
Il est 2h00 du matin, la route a été longue. La température est vraiment fraîche. L'humidité dans l'air est palpable. Derniers réglages des vêtements, des chaussures de marche, des sacs à dos et c'est parti. Ah, j'allais oublier : nous allumons les torches ; nous faisons toute l'ascension de nuit. Lindon engage la montée sur un rythme élevé. La pente est vraiment raide. Je ne vais pas vous détailler la montée mais le schéma est à peu près celui-ci : Valérie, Rémi et Juliette seront toujours calés derrière Lindon et moi derrière, je joue la voiture balai. Je tire la langue, mes cuisses vont exploser, je vais péter une durite. Mais finalement, Lindon adaptera le pas et nous fera faire les pauses qui ... s'imposent histoire de reprendre son souffle. Je vous assure, c'est vraiment du costaud et à plusieurs reprises, j'ai cru que je n'y arriverais pas. Et puis ce sera la délivrance. A 5h15, après 3h30 de marche de nuit, nous sommes sur le toit de la Jamaïque à 2 256m au dessus du niveau de la mer. Nous sortons rapidement les vêtements chauds, les imperméables parce qu'il ne fait vraiment pas chaud. Nous avons la tête dans les nuages. La lune commence à disparaître et il ne nous reste plus qu'à attendre l'arrivée du soleil et cela ne va pas trop tarder. Et puis, la malchance. Nous le verrons bien le soleil mais entre lui et nous, de gros nuages bien épais.
Rémi tentera bien de prendre de beaux clichés mais ce ne sera pas le top, quant à espérer voir les côtes de Cuba ... il faudra revenir, peut-être même camper ici. Néanmoins, nous allons profiter des connaissances de Lindon qui nous fera partager son amour de la flore mais surtout de la faune. Il en connaît un rayon sur les oiseaux et a même apporté un livre avec lui sur les espèces des Caraïbes.
Finalement après avoir longuement profité du paysage à 360°, des nuages "transporteurs de rêves" qui nous enveloppent, nous pénètrent, nous nous décidons à quitter les lieux. 6h25 : la descente est bien plus facile, même si les risques de se tordre une cheville sont bien là. Là, je réalise que c'est mon domaine : la descente (lol) !!! Nous ferons de nombreuses haltes et parce qu'il fait maintenant jour, la nature se réveille et nous dévoile tous ce qu'elle a tenu secret pendant la nuit. Les oiseaux chantent. Nous les cherchons dans les arbres. Grâce à Lindon nous découvrons des espèces endémiques de la Jamaïque : Le Black Bird, l'oiseau rasta du fait de ses couleur "Vert Jaune Rouge", une espèce de perroquet vert ... Leurs chants sont curieux à entendre.
Après l'effort ...
Sur la fin nous descendons plus calmement mais la fatigue est là et le chemin du retour risque d'être dur. Le 4x4 est là, nous nous restaurons rapidement et remontons à bord. Que la route va être longue ! Nous n'espérons qu'une chose : pouvoir prendre une douche et nous allonger. 11h50, nous sommes de retour à Rafjam. On casse un peu la croute, une bonne douche et nous nous écrasons sur les lits. Nous émergeons en fin de soirée pour aller au diner ; Valérie, Rémi et Juliette, KO, filent se coucher et je reste seul pour rédiger cet article. Je crois que je ne vais pas le relire ... si demain ... j'suis mort, j'vais m'coucher ...

mardi 31 juillet 2012

Du repos ...

Après la journée d'hier bien remplie, aujourd'hui c'est repos, repos et repos. Nous avons pas mal sollicité nos jambes hier et cette nuit on ne va pas rigoler. En effet, à 23h00, un guide, un ranger plus exactement vient nous chercher avec son  4 X 4 pour nous conduire en montagne jusqu'à un point de départ de randonnée. Et pas n'importe quelle randonnée. Il s'agit, une fois la voiture garée, de prendre des sentiers de montagne qui vont nous emmener (si nos jambes le veulent bien !) jusqu'au sommet le plus haut de Jamaïque : le Blue Mountain Peak (2.256m). 3h30 de marche, de nuit ... pour découvrir le lever du soleil sur la Jamaïque complète. Ça en dit long. On espère que le temps sera clair parce qu'il paraît que c'est une merveille. Dans des conditions extrêmement bonnes, on peut même apercevoir les côtes de Cuba.
Alors aujourd'hui, on a passé pas mal de temps au cottage. Cet après-midi on a bien essayé de faire la sieste mais il faisait tellement chaud dans le cottage, ajoutez quelques mouches nerveuses à cela, que la sieste a plutôt été "allongés sur le lit, amorphes ...". Oui nous sommes reposés mais on espère tous qu'on aura suffisamment la forme pour arriver en haut. On prendra notre temps !
Bien, il est bientôt 19h00. Nous allons aller manger et préparer les affaires pour la grande aventure nocturne.
A demain donc pour un nouveau récit et de beaux clichés, on l'espère !
En attendant, faites de beaux rêves ;-)

lundi 30 juillet 2012

Quelle journée !

Réveil à 7h-7h30, notre nuit a été calme, douce, bercée par le rythme de l’eau de la petite rivière qui passe au pied du nouveau cottage où nous avons passé notre première nuit. Après la toilette, nous allons prendre notre petit déj’. Aujourd’hui le programme est chargé mais selon Susan, tout va tenir et nous allons vivre de grands moments. Susan est fatiguée et c’est finalement John, un de ses frères qui sera notre guide du début à la fin. Nous montons à bord de sa petite voiture et nous voilà sur la route.

A suivre, 3 articles

Première étape, « Old Tavern Estate »

Une partie de la plantation de café
Une plantation de café tenue par une jamaïcaine blanche d’un certain âge. Nous nous arrêtons au bord de la route, descendons quelques marches. Elle nous montre un pied de café et on a l’impression que tout va s’arrêter là. Finalement elle nous propose de nous montrer la chaine de fabrication. A ce moment là, nous imaginons découvrir en contrebas, des ouvriers en train de trier le café, des machines traitant le café pour finir par sa mise en sachet. Oh que non, on est loin d’imaginer comment le café est traité ici ! La cueillette du café est terminée ; la saison de la cueillette va de mars à mai environ. Le café est ensuite stocké à Kingston parce qu’ici, on le trie, on le grille et on le met en sachet, le tout se faisant à la main. Pourtant la plantation est grande.
Le tri , tout à la main
Une ouvrière et une seule, trie tout le café à la main, minutieusement sur un plateau. C’est un « œil » cette femme. Quel travail ! Les grains sont sur un plateau et elle effectue un tri avec une minutie indescriptible. Ensuite en fonction des commandes, deux machines à griller le café sont utilisées. En fonction du type, medium, middle ou black, le café reste plus ou moins longtemps dans la machine. Comptez environ 15mn et votre café est prêt à être emballé. C’est vraiment curieux à voir et on comprend mieux pourquoi le café des Blue Mountains jamaïcaines peut être aussi cher. Ici, la productrice a obtenu l’appellation Estate (AOC par chez nous). Respect une fois de plus pour ce travail.

Seconde étape, « Hollywell Park »

Un parc national protégé, fabuleusement bien entretenu par des ouvriers qui, à coup de machettes, nettoient le site, plante de jeunes arbustes ... Des chemins, des sentiers tout au long desquels on peut découvrir la faune et la flore de ce côté de la Jamaïque. Le site est vraiment bien entretenu. Nous allons marcher dans ce parc qui nous offre des vues imprenables sur la vallée, notamment sur Kingston.
Mais le temps n’est pas trop clément. Nous avons la tête dans les nuages et la vue sur Kingston est quelque peu brouillée. On aperçoit malgré tout quelques tours du centre administratif et on distingue l’aéroport et au bout de cette langue de terre, Port Royal. Nous allons marcher un bon moment, prendre des sentiers qui montent (pinaise, c’est dur !), qui descendent (plus facile, non ?), découvrons des espèces d’arbres, de baies … des oiseaux. Il ne manque que la lumière du soleil. C’est finalement la pluie qui va nous faire écourter notre visite. Nous remontons donc à bord de la voiture de John et repartons.

Troisième étape, la Communauté Rasta

Le centre de la communauté
Elle vit au-dessus de Rafjam. Sur le chemin, nous allons rencontrer notre guide, Joseph. Un colosse ; un rasta de la communauté qui, pour gagner sa vie et partager ses gains avec la communauté, fait faire des excursions aux touristes. Tout de suite, c’est sympathie. Grand sourire quasi permanent, franche poignée de main. Nous faisons les présentations et attaquons la marche ou devrais-je dire l’ascension. 20 mn de marche pour accéder à la communauté par un unique sentier ; ça se mérite. Difficile de parler pendant l’ascension, le souffle coupé … mais j’attaque la conversation quand même. J’en bave mais il respecte notre allure et enfin, nous y sommes. Pas grand monde sur les lieux mais chacun est occupé à ses tâches, grands comme petits portant des sacs de riz ou de charbon achetés ou à vendre sur la tête. Nous finissons les derniers mètres sous une pluie battante et arrivons juste à temps pour nous mettre à l’abri et ne pas finir traversés. Par respect, je demande tout d’abord à Joseph si la communauté accepte les photos des bâtiments mais aussi des gens qui y vivent. « No problem man ! »

Tout se passe comme je l’avais espéré ; nous parlons, il nous explique la philosophie de cette communauté (elles n’ont pas toutes la même). Puis nous entrons dans un jeu de questions / réponses. Les échanges sont d’une incroyable richesse. Un vieil homme qui était dans la cour de sa maison va se rapprocher et nous rejoindre sous le temple, à l’écart de nous. Assis, toujours discret, il va d’abord nous regarder, nous écouter et finalement venir prendre part aux échanges. Sans aucune prétention et naturellement dans la conversation, je leur dis ce que je connais de la Jamaïque, de son histoire, de l’histoire du peuple jamaïcain, des maroons, du mouvement rasta, de la musique, la couleur de peau, les rastas blancs … Nous échangeons sur tous ces sujets. Je leur explique aussi les raisons pour lesquelles je m’intéresse à tout cela et ce, depuis mon plus jeune âge (j’avais 10 ans) et le vieil homme est de plus en plus intéressé.
"You are a rasta !"
Tous deux me regardent différemment. Je ne suis plus un simple touriste venu « voler des clichés ». Je vous passe les détails, mais cela ira bien au-delà et je ne parle pas de consommations de produits prohibés … chez nous. Je les vois même se regarder et s’esclaffer tant ils réalisent ce que je sais d’eux. Au final, la plus belle des récompenses pour moi est de les entendre dire que je suis le seul touriste français qui soit venu en connaissant autant de choses sur eux. Le vieil homme, tranquillement, va pointer son doigt sur moi et me dire, après un court silence : « You are a rasta !». Je suis invité à revenir … quand je veux. J’en ai les larmes aux yeux. Nous allons les quitter non sans les remercier des tonnes de fois. 
Quoiqu’il en soit, les clichés que j’ai l’habitude d’entendre du type classique « Jamaïque, rasta, dreadlocks, herbe, Bob Marley » … pfffffff . Jetez-les une bonne fois pour toutes …

dimanche 29 juillet 2012

Journée tranquille

Ce dimanche matin, c'est planning, marche et ... mise à jour du blog.
Tout le mode est fatigué. La route, les routes de la veille. Nous déjeunons tranquillement. Susan nous a  préparé un bon petit dej'. Délicieux. Une omelette aux légumes - un régal, jus de fruit, pain grillé, beurre et confiture, thé au jasmin ou café, du lait, une banane ... bref, un petit dej' jamaïcain, copieux pour partir travailler et tenir le plus longtemps possible. Après la toilette, nous rejoignons Susan parce que je veux que nous organisions la semaine. Je vous la ferai découvrir plus tard. Nous nous asseyons donc avec Susan et planifions jour après jour ce que nous ferons. Une fois ces formalités calées, nous décidons de prendre la route à pieds. Nous emmenons de l'eau, quelques gâteaux, et attaquons une bonne grimpette pour rejoindre la route par un raccourci. Nous descendons vers Kingston mais n'irons évidemment pas. Il faut environ 30 minutes en voiture, alors ! Nous allons descendre jusqu'à un restaurant bien côté par ici ; mais pas une petite cabane de bord de route où on vous prépare malgré tout de bons petits plats locaux à emporter. Passant devant Redlight, Marvin m'a repéré et vient me saluer. Après quelques discussions avec plusieurs personnes, nous prenons la route. Marvin nous suit. Vous vous souvenez de Marvin dans l'article précédent. Valérie et les enfants sont choqués. Il vient de fumer un spliff et a les yeux injectés de sang. C'est clair, il veut nous servir de guide et il va nous suivre du début à la fin. Il fait chaud mais c'est supportable. Marvin joue son rôle de guide et nous explique tout ce qu'il y a à expliquer. C'est clair, il demandera un "tip" ; un pourboire ; on dira un "pourfumer" ! Arrivés au resto, nous allons acheter un repas et le partager. Il était temps qu'on arrive parce qu'une averse est venue nettoyer la route mais pas rafraîchir l'air. Nous attendrons 30 mn environ en partageant le repas à l'abri. Sur le chemin du retour, je m'explique avec Marvin. Je lui avais pourtant dit que nous n'avions pas besoin de guide mais il ne nous a pas lâchés d'une semelle. Je lui donne 100 $ jamaïcains (moins d'un euro) et lui dis que c'est la dernière fois. Il semble ok.
Le cottage, prévu pour 8 personnes
Nous rejoignons RafJam après deux heures de marche. Là, une surprise nous attend. Les précédents locataires du cottage sont partis (des angevins, oui, oui, vous ne rêvez pas ; ils étaient au barbecue la veille avec nous). Susan nous propose de quitter nos chambres pour aller dans le cottage (ci-contre). Nous faisons les valises rapidement et emménageons dans notre nouvelle demeure. Salon et salle de bain en bas, c'est formidable, et en haut des escaliers, une nouvelle découverte nous attend ;-) deux chambres de deux lits. Bref une location normalement pour huit personnes. C'est un beau cadeau qu'elle nous fait. A l'intérieur c'est magnifique. Carrelage noir, galets gris collés aux parois, le reste en bois ... On a du mal à imaginer ça au creux d'une vallée jamaïcaine. Et puis la fin de journée approche. Nous venons au Tiki Bar ; les enfants vont sur Facebook et je mets à jour le blog.
L'heure du repas arrive. Encore un bon petit plat concocté par Susan. Poulet (poisson pour Valérie), riz, concombres, tomates, légumes probablement plongés rapidement dans l'eau bouillante. Et en plus en quantité plus que raisonnable. Mais bon, après une journée active, ça le valait bien.
Après Diana c'est Susan qui nous fait découvrir ses talents culinaires. Merci Susan.

samedi 28 juillet 2012

Descente à Papine

Cette aventure à Papine (proche banlieue de Kingston) avec Theo va être épique. Je pars seul avec Théo car nous devons faire l'aller-retour. Le frère et la sœur de Susan vont nous conduire sur la route principale par laquelle nous sommes arrivés (à Redlight). Là, nous nous retrouvons entourés de gens que connaît Theo qui sont dans des petites boutiques, vendent des repas et différentes choses, jouent à un jeu local qui ressemble au jeu des petit chevaux. Ils lancent un dé dans un plateau installé sur le bord de la route. Ce sont des jeunes qui ne travaillent pas et qui se retrouvent ici pour jouer, proposer leurs services et fumer. Je parle avec certains d'entre eux ; Theo et Marvin (un jeune du coin) vont m'expliquer le jeu. Nous sommes ici pour prendre un taxi qui arrivera bien à un moment donné ... alors en attendant je me roule une cigarette. Marvin, à deux pas de moi est en train de se rouler un spliff et me tend une bonne dose d'herbe locale pour "donner du goût" à ma cigarette. Je lui dis non merci et il n'insiste pas. Il me dit qu'il comprend. J'en profite pour le questionner sur le sujet. Ici tu trouves l'herbe dans un petit sachet de la taille de 2 sachets de thé pour 50$ jamaïcains (moins de 50 centimes d'euros). Ce sachet leur permet de faire deux spliffs jamaïcains, je précise, car si un européen se roule deux spliffs avec ça, c'est les urgences direct ... Alors avertissement à ceux qui viendront en Jamaïque.
Bref, un taxi arrive. Theo et moi y montons. Sur le chemin, je vais me retrouver au milieu de la banquette arrière entouré de deux jamaïcaines accompagnées de leurs enfants d'environ 5 ans. Nous sommes serrés comme des sardines. Leurs enfants sont sur leurs genoux. Et nous commençons à dévaler la pente. Un coup à droite, un coup à gauche. Je m'accroche aux deux sièges avant pour ne pas écraser les deux autres passagères. Le chauffeur de taxi est un grand malade ; il ne faut pas avoir mal au cœur. C'est clair, je suis au cœur de la Jamaïque. Avec quelqu'un d'autre, j'aurais été mort de rire !
Une fois en ville, un grand épisode commence. Nous allons à un distributeur qui refuse que je retire de l'argent. Theo en trouve un autre, là je dépasse la somme autorisée, le troisième ne veut pas de ma carte. Je me demande comment je vais pouvoir faire pour payer le solde. Finalement, nous allons en trouver un mais je vais devoir faire en plusieurs fois car il semblerait que le maximum paramétré par ma banque soit un peu léger. Le distributeur est dans une cabine assez discrète mais en plein soleil ; c'est donc dans un sona que je vais devoir retirer de l'argent d'autant plus qu'entre chaque retrait, le distributeur ne veut pas toujours de ma carte. L'opération va être très longue et comme la queue dehors s'allonge, on commence à cogner à la vitre. Vous savez, comme dans une cabine téléphonique quand vous étiez trop longs (enfin pour ceux qui ont connu les cabines !). De temps en temps je vais donc devoir en sortir, puis y rentrer ... cela plusieurs fois. Les gens disent de moi que je suis un "lucky guy". Alors pour ne pas trop éveiller la curiosité sur la somme que je dois retirer, je dis que c'est une carte européenne et qu'elle pose problème, que je dois essayer plusieurs fois. Enfin cela va être ok.
Puis va venir l'heure de repartir. Après avoir fait quelques courses pour Susan, Theo et moi allons prendre un bus pour rentrer. Le minibus commence à se remplir et une fois complet (oui ... il ne part qu'une fois plein !), je fais le compte. 1 2 3 4 ... mort de rire, nous sommes ... 18 dans un bus qui chez nous, n'embarquerait que 9 personnes maxi. Trop long à décrire mais que dire du chauffeur. Alain Prost, c'est un rigolo ! La remontée dans les collines se fait à une allure de fou avec 18 personnes à bord, une boîte de vitesse qui craque. Je m'accroche toujours au siège, je me dis qu'il ne sert à rien d'avoir peur de toute façon, même pô peur. Sérieux ! Pour descendre il suffit de dire "Bus stop" et quelques mètres plus loin, les gens descendent et payent le chauffeur. Tout se passe normalement sans bruit, sans paroles. A notre tour de descendre.
Comme nous sommes tous invités à 18h à un barbecue (jamaïcain) par des voisins de Susan, je suis carrément à la bourre. Partis à 15h nous rentrons à 19h. Tout le monde est déjà là. Comme pour les autres, je suis accueilli à bras ouverts. Mes yeux sont tellement fatigués que Valérie me demande si j'ai fumé. Je bafouille un peu, je suis ... mort de fatigue. Finalement, nous n'allons pas rentrer trop tard.
Je suis bavard, c'est clair, mais raconter ça, c'est raconter ... la Jamaïque.

C'est parti pour RafJam ...

Au revoir Goblin Hill !
Ce matin c'est bouclage des valises rapidement car notre taxi nous attend à 9h pour la deuxième étape du voyage. Nous nous hâtons pour ne pas le faire attendre. Nous avons été élevés à la sauce européenne et chez nous "l'heure c'est l'heure" alors nous essayons de faire au plus vite. Valises bouclées, Diana nous a préparé des sandwichs pour que nous ayons quelque chose à manger en arrivant. C'est avec un pincement au cœur que nous quittons le logement, la piscine ... Hier soir les au-revoir avec O'Neill (que nous ne reverrons pas le matin) et Orane en particulier (deux employés avec qui nous sommes maintenant amis sur Facebook - comme Diana) ont été durs. Nous avons voulu repartir avec une photo d'eux et Orane, qui appréciait manifestement beaucoup Juliette, a rappelé Rémi pour qu'il donne à Juju un petit bracelet souvenir. Ce matin Juliette est allé le voir avant de partir pour lui faire un bisou.. Nous nous retrouvons donc avec Raf, William et Diana ... devant la réception pour une dernière séance photos. L'émotion est plus que palpable ... pour les au-revoir.
Les vallées jamaïcaines
Il nous faut maintenant monter dans le taxi avec Charly (le papa d'Orane - bah oui, ici, c'est une grande famille !) qui va nous conduire à RafJam. 3h de route et quelle route ! Il nous faut d'abord longer la côte que nous avons prise pour venir puis tourner sur la gauche avant d'attaquer une bonne grimpette dans la montagne. D'abord la vallée qui grimpe pas mal puis ensuite la montagne ; les célèbres Blue Mountains. Le décor a déjà changé depuis un petit moment. La flore est beaucoup moins dense, les arbres plus secs. Charly nous explique cela au cours du parcours. Il va nous donner des tonnes d'explications sur ce que nous découvrons. Nous parlons faune, flore, éboulements de terrain. Les routes pas mal jusqu'alors, deviennent quelques fois limite praticables. Là où il y a eu des éboulements de terrain ou des torrents d'eau, le goudron est arraché et c'est un tapis de pierres. Charly pensant à nos pauvres jambes engourdies nous fait faire une pause à mi-parcours. Nous finirons le chemin toujours à bonne allure mais nous sentant toujours en sécurité. Mais derrière, la famille a quand même eu du mal à supporter parce que dans les Blue Mountains, ça brasse dur !
Puis Charly quitte subitement la route sur la droite. C'est le chemin qui mène à RafJam. Ça c'est du chemin ! Pas de goudron, des pierres et des pierres. Ce sont les trombes d'eau qui doivent le mettre dans cet état. Nous sommes obligés de descendre de voiture pour finir le parcours parce que les pierres risquent de l'endommager.
RafJam' Bed and Breakfast
Enfin, nous y sommes ; le site est magnifique, dans une cuvette au cœur de la vallée. Tout de suite, on sent bien que l'air y sera plus frais. Nous sommes accueillis chaleureusement. Mais malheureusement, pour l'instant, Susan n'est pas là. Elle va nous rejoindre un peu plus tard. Nous installons rapidement nos valises dans les chambres et nous redescendons. Après quelques conversations, l'enregistrement à RafJam, je vais devoir partir en ville avec Théo, employé à Rafjam pour aller retirer de l'argent pour payer le solde. Sacrée aventure. C'est parti ...